Prix de la photo Camera Clara
 
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Edition 2017

 

Guillaume Zuili, lauréat

Né en 1965 à Paris, il est maintenant citoyen américain et vit a Los Angeles depuis 2002. Représenté par la Galerie Clémentine de la Féronniere, Paris. Il est correspondant pour l’Agence VU.

Une grande partie de son travail s’est concentrée sur la mémoire des villes européennes. En s’intéressant à la technique de la double exposition, il documente Berlin, Moscou, Paris, Prague et Lisbonne, avec un style qui se détache déjà du réalisme. Aujourd’hui son obsession se concentre autour du mythe américain, en réalisant différentes approches et techniques. “LA Smoke & Mirrors”, “LA Chromos” et maintenant “Harbor City” traitent toutes des symboles et de la mémoire collective.

URBAN JUNGLE
Je vis à Los Angeles depuis 2002. Une mégapole que je photographie tous les jours et qui ne cesse de m’étonner.

Ce n’est pas une entité mais plusieurs villes collées bout à bout, au fur et à mesure de son expansion horizontale. Quadrillée par des centaines de kilomètres de freeways. Plusieurs mondes cohabitent sans se mélanger. Beverly Hills, West Hollywood, le Westside ignorent presque l’existence d’un Downtown voire pire... East LA. Et j’ai photographié ces différents univers avec toujours mon obsession des signes et des traces.

Un déménagement à San Pedro en 2017 m’a fait découvrir un autre LA que j’ignorais complètement. Les artistes fuyant Venice Beach ou Downtown à cause de la “gentrification” investissant cette zone, prise en sandwich entre Le westside et ses plages et la riche zone de Orange County.

San Pedro est le Port de Los Angeles.
Une ville où soit on se cache soit on s’est perdu...
Une cacophonie urbanistique et industrielle où tout se mélange.
Des Freeways à perte de vue avec un mouvement permanent de poids lourds qui déversent les produits venus des containers du port nuit et jour...
Au milieu, des immeubles vides aux fenêtres ouvertes, des enseignes sans signe, d’un autre temps, qui résistent mais vont disparaître.
De petites échopes cadenassées pour protéger le peu qu’il y a.
Un “Sorry Man” d’une église évangelique pour mettre au pas ces ouvriers latinos du rêve américain et leur rappeler la colère de Dieu.
Un tronc de palmier coupé, car rien ne résiste à ce rêve.
Un drapeau qui claque au milieu d’un échafaudage dérisoire car on les trouve partout.
Ces signalétiques désuètes d’une Amérique de Walker Evans qui est toujours là.

Ces Freeways encore et toujours...
Et ce Van à bout de souffle venu du Wyoming lointain, à la carosserie rouillée, qui a fini sa route vers cet Ouest si magique et fantasme.

Guillaume Zuili

www.guillaumezuili.com


 

 

 

© Guillaume Zuili, courtesy
Galerie Clémentine de la Féronniere

© Guillaume Zuili, courtesy
Galerie Clémentine de la Féronniere

© Guillaume Zuili, courtesy
Galerie Clémentine de la Féronniere